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#12 CE SOIR OÙ J'AI CRU MOURIR (Partie 1)


Pour mes études j’ai eu la chance ultime de partir vivre à Roubaix...oui oui Roubaix...

Alors certes, mes parents sont chtis, et partir vivre dans le Nord c’était un peu un retour au source mais ça reste tout de même Roubaix...

( Pas de panique, je ne vais pas vous faire un article sur les beautés et les verrues de cette ville...mais voilà, c’est ce qu’on appel planter le décor )


J’étais étudiante en BTS, fraîchement débarquée de Bordeaux, naïve et fumeuse... ( oui cela aussi c’est important pour la suite de l’histoire )


Je continue donc de vous planter le décor :


On est un samedi soir, il est 20.30, j’ai travaillé toute la journée, j’ai besoin d’une pause...enfin surtout d’une clope ! J’attrape ma veste, mon portable et mes clopes! Je descends donc en bas de chez moi, je m’assois sur un bas de porte, allume une première cigarette et appelle une amie qui est restée à bordeaux ...

Je lui raconte ma vie, on rigole, et j’allume même une seconde cigarette.


C’est étrange car je ne me souviens plus de tout ce qui c'est passé ce jour là, mais je me souviens de cette sensation de calme... trop calme. Je me rappelle m'être dit " C'est le calme avant la tempête" ( une expression qu'aujourd'hui je me suis interdite de répéter et que je ne supporte plus entendre )

Je me rappelle qu’il faisait bon malgré le vent...J’étais bien et de bonne humeur.


Quelques mètres devant moi une voiture s’arrête, je n’y prête pas attention et continue ma conversation...


On rigole beaucoup, on parle de nos études, et des rencontres que l’on a fait, on a une vrai discussion de filles... bref on passe un bon moment au téléphone!


Surgit alors sur ma droite un homme qui me saute dessus et plaque ses mains autour de mon cou.


Mon amie continue de raconter ses potins au téléphone.


L’homme se recule soudainement et me regarde ( encore aujourd’hui je ne sais pas pourquoi il a lâché mon cou )

Mon réflexe fut alors - on ne se moque pas - de lui répondre : « Non mais c’est une blague?! »

( pour être tout à fait honnête avec vous, à ce moment précis j’avais la sensation que tout ça n’était pas réel, que ce ne pouvait pas m’arriver, qu’il s’agissait d’une caméra cachée...donc tout ce qui m’importait était de ne pas avoir l’air trop ridicule et donc de ne pas pleurer...)

J’essayais donc de le regarder en souriant, un air presque hautain en cherchant au loin toute cachette pour une éventuelle caméra...


Puis arrivant juste derrière lui un deuxième homme m’a, à son tour, sauté dessus, mais cette fois ci avec un couteau ( type couteau de boucher... ) et l’a plaqué contre ma gorge...


A ce moment précis, je n’ai plus du tout imaginer être dans d’une caméra cachée, à ce moment précis mon cerveau ne pensait plus qu’à une seule chose : il fallait que je hurle, que je cris le plus fort possible, que quelqu’un m’entende...


Alors j’ai hurlé, j’ai hurlé si fort que je me suis surprise moi même...un cri aigüe qui résonne encore parfois dans mes oreilles, un cri que je ne pourrais pas refaire si on me le demandait...

Je crois que ce soir la j’ai crier pour la survie!


Et soudain provenant de mon téléphone toujours dans ma main, un son, puis une phrase...


« Lucie que ce passe t’il?! Lucie répond?! Lucie!!!! Dis moi! Est ce que tout va bien??? »

Mon amie hurlait à son tour... elle avait entendu mon cri de détresse mais n’avait aucune idée de ce qui était en train de se passer.


Puis l’homme avec les mains libres a commencé à me toucher, à me fouiller, si violemment qu'il en a arraché mes boucles d'oreilles...


(l’autre tenant toujours le couteau sous ma gorge...)

Puis, il a glissé sa main dans la poche avant de mon jean pour attraper mes clefs.


Mon amie continuait de crier au téléphone...

« Répond moi!!!! Lucie!! Que se passe t’il?! As tu besoin d’aide?! »


Je leur ai dis de prendre mon téléphone, en espérant que ça suffirait à les faire partir...

(je n’avais rien d’autre avec moi...)


A ce moment là, le couteau toujours sur la gorge et sa main toujours sur ma cuisse, je me suis remise à crier. Une dernière fois, un dernier espoir...je priais que l’on m’entende, que les voisins ou même les gens chez qui je vivais sortent voir ce qu’il se passe dehors. Je criais ma peur, mon envie de survivre et cette envie que tout ça ne soit pas réel !


Puis un troisième homme est arrivé au loin...


Ce n’est qu’à ce moment que je me suis mise à pleurer.


C’était la fin.


J’allais finir violée. J’en étais sûre.


3 hommes, un couteau... et un complice toujours dans la voiture a nous regarder...je n'avais aucune échappatoire.


Il fallait que je me résigne...j’ai arrêté de bouger, arrêté de crier, je crois même avoir arrêté de pleurer...

Je crois qu’à ce moment très précis mon cerveau avait reçu trop d’informations. Je crois que mon corps entier s’est rendu. Je devais passer cette étape et enfin je pourrais rentrer chez moi.


J’ai lâcher prise...


Le troisième homme s’est avancé vers moi calmement. Bien trop calmement à mon goût....(mais maintenant que j’y repense, les deux autres hommes étaient armés alors je comprend aujourd’hui son calme et sa lenteur...)

Les deux hommes sont alors partis en courant et la voiture a démarré en trombe.


Cet homme qui s'avançait vers moi n’était donc pas avec eux...


L’homme s’est approché de moi et m’a demandé si ça allait.


« Est ce que tout va bien ? »

« Oui merci »


...


Mais non, ça n’allait pas. Ça n’irait plus jamais vraiment comme avant... une partie de moi c’était brisée ce soir là... à présent et pour le reste de ma vie j’aurais peur.


Je me suis levée, j'ai essayé de tenir debout sur mes jambes tremblantes et je suis rentrée chez moi...seule...en état de choc...perdue...

© 2018 by Lucie Ries. 

" Les paillettes c'est la vie...

mais le gras aussi! "

Madame Ries

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